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Portrait d’une bénéficiaire de l’UNFPA

7 March 2016
Mademoiselle Thouraya, âgée de 23 ans. Elle est étudiante à l’Institut Polytechnique première année Douane.

Elle s’appelle Mademoiselle Thouraya âgée de 23 ans et originaire de Mdjoiezi Hambuwu. Elle est  étudiante à l’Institut Polytechnique première année Douane et membre actif de la Jeunes Chambre Internationale (JCI). Militante très engagée dans les associations des jeunes et culturelles, Thouraya est la secrétaire générale du Mouvement d’Action des Jeunes (MAJ) soutenu par l’ASCOBEF partenaire de l’UNFPA. Nous l’avons rencontré dans le centre des jeunes à ASOCOBEF lors d’une réunion hebdomadaire. Thourayat a accepté de répondre à nos actions en tant que bénéficiaire de l’UNFPA à travers l’ASCOBEF.

Comment organisez-vous vos réunions  hebdomadaires de votre mouvement?

Les réunions sont organisées une fois par semaine, habituellement le samedi après-midi. En cas d’urgence la réunion se fait le mercredi après-midi. C’est l’occasion de parler des activités en cours et  de discuter, d’échanger sur les cas à traiter soumis au bureau. C’est aussi un moment de réflexion sur l’avenir de notre mouvement de jeune.

Quels sont les résultats obtenus lors de vos sensibilisations ?

Les résultats issus de nos activités je dirais qu’ils sont satisfaisants. Nous effectuons des activités de sensibilisation dans la plupart des régions de la Grande Comores. Ces sensibilisations se font sous formes de conférences débats, des sketches ou des théâtres. Tous les moyens sont bons pour communiquer avec la population. Nous n’hésitons pas à faire appel à nos imaginations pour rendre nos sensibilisations attrayantes, intéressantes et participatives.

La dernière fois à Dimani, lors d’une conférence débat nous avions invité un religieux pour appuyer nos propos sur l’utilisation des préservatifs comme compatible avec l’Islam. Les gens étaient attentifs et ont compris que si on n’arrivait pas à s’abstenir aux rapports sexuels ou à rester fidèles mieux vaut donc utiliser le préservatifs pour se protéger contre les infections sexuellement transmissibles.

Les gens étaient sensibles au message du religieux qui a su tenir un langage sincère, compréhensif et confirmait nos propos. Nous profitons aussi de nos sensibilisations pour distribuer des préservatifs aux jeunes garçons comme filles et recevoir des adhésions partout on nous nous rendons. Nous parlons aussi de l’avortement clandestin des jeunes et toutes les questions liées à la santé de la reproduction.

Justement comment  traitez-vous avec les jeunes comme vous les questions relatives à l’avortement ?

Vous savez cette question n’est pas facile mais nous essayons toujours de trouver des moyens pour en parler. Les jeunes filles qui nous connaissent et qui sont dans une situation de grossesse non désirée viennent nous demander de l’aide. Il peut s’agir d’une situation où la fille tombe enceinte et elle n’a pas les moyens pour voir un médecin comme elle peut ne pas avoir les moyens pour le faire.

Dans ces cas, la plupart se trouve dans une situation où elles doivent pratiquer l’avortement clandestinement pour peur de la société. Nous, dans notre mouvement si un tel cas se présente et que la personne nous informe de la situation, nous la conseillons et nous la dirigeons vers la clinique d’ASCOBEF  qui se trouve à Moroni quartier Coulée, qui la prend en charge pour les soins appropriés. En cas d’avortement clandestin et que la personne souffre des complications, de saignements nous l’aidons toujours pour qu’elle puisse avoir les soins appropriés.

Comment communiquez-vous avec le jeune connu séropositif lors de vos campagnes de sensibilisation et  de dépistage?

Nous avions été formés sur cette question. La méthode consiste à ne pas l’informer directement. Nous prenons ses coordonnées, nous le prélevons un autre échantillon qui sera ensuite analysé au laboratoire de la Clinique de l’ASCOBEF. Si cela se confirme encore, il est envoyé à l’Île de La Réunion par la Direction Nationale de la Santé pour une dernière confirmation. C’est en ce moment-là que nous entrons en contact avec lui. Nous essayons de le rassurer, de l’expliquer que le SIDA est une maladie comme les autres et qu’on peut vivre très longtemps avec si on prenait les ARV (Anti-retro-Viro).

Il n’est pas facile d’être séropositif aux Comores. La mentalité n’a pas évolué. Les personnes atteintes par le VIH-SIDA connaissent un sentiment de discrimination et de stigmatisation de la part de la  population. Aujourd’hui nous devons mettre l’accent dans nos sensibilisations  sur la non stigmatisation des personnes atteintes par le VIH-SIDA. Lors du forum de l’Océan Indien sur le SIDA organisé aux Comores, seules les Comores n’ont pas été représentées par des personnes atteintes par la maladie pour peur de la société. Elles ont envoyé une lettre pour s’excuser.

Ces personnes doivent être organisées en association pour faire face aux  propos injurieux de la population à leur égard. Ça sera aussi une façon de mener un combat entre eux et faire comprendre à la population que le SIDA est comme les autres maladies.

Quels sont les difficultés  que vous rencontrez dans le centre des jeunes Ascobef?

Nous venons de déménager il y a deux mois. Avant le centre était à Hamramba en face de l’école Abdoulhamid, de l’IFERE et de l’IUT. C’était un endroit très accessible et qui attirait beaucoup de jeunes filles et garçons. On enregistrait jusqu’à une centaine de jeunes dans le centre par jour. Nous avions un espace suffisant pour accueillir plus de monde, navigué au cyber dédié aux jeunes par l’UNFPA, joué aux scrabbles et au babyfoot. Nous organisions de jeux de sensibilisation et  d’animation ludique pour attirer les jeunes.

Actuellement  le nouveau centre n’est pas du tout fréquenté par les jeunes par rapport à l’ancien. D’ailleurs, la salle dédiée pour les jeunes elle sert aussi des bureaux pour 2 personnes de l’ASCOBEF. Vous comprenez qu’on n’a pas suffisamment d’espace pour nous. On y va quand même mais sincèrement nous demandons qu’on nous trouve une autre solution rapidement. Autre souci, le quartier est très éloigné des jeunes cibles. Il faut vraiment un travail de communication et de sensibilisation pour permettre aux jeunes qui fréquentent les écoles de la zone Hadoudja et Coulée de s’y intéresser. Nous qui sommes habitués, nous viendrons toujours dès que les moyens de déplacement nous le permettent.

Parmi les difficultés, nous notons le besoin de renforcement de capacité de notre mouvement. Nous avons besoin de formation en communication de changement et en gestion de projet. Nous n’avons pas bénéficié des formations de ce genre que nous jugeons important dans notre action.

Quels sont vos projets immédiats ?

Nous organisons dans les jours à venir notre assemblée générale statutaire pour faire le bilan de l’année qui s’achève. Ça sera l’occasion aussi de remplacer certains membres du bureau qui ne participent pas à nos activités. Nous pensons les remplacer avec d’autres militants très actifs et qui sont prêts à donner le meilleur d’eux-mêmes pour le bien être de la jeunesse et des familles.

Nous voulons aussi saisir l’occasion pour le match Comores vs Ghana qui va se jouer à Mitsamiouli le 13 novembre prochain pour sensibiliser les jeunes qui iront massivement voir le match. Nous allons dépister plusieurs jeunes et distribuer des préservatifs. Nous comptons sur le soutien des bonnes volontés surtout l’ASOCBEF pour fiancer le déplacement. C’est une activité hors budget mais nous la jugeons importante. En général pour les produits à utiliser nous sont donnés par la direction régionale de la santé.

Des conseils pour les jeunes ?

Nous devons doubler d’efforts pour soutenir les jeunes qui manquent d’informations. La sensibilisation doit être le cœur de nos préoccupations. Il faut une mobilisation et une participation active de la jeunesse pour espérer un réel changement de comportement dans les questions concernant la santé sexuelle et reproductive. Ensemble nous pouvons vaincre les IST et surtout le  SIDA.